Rêver grand : la fondation Vasarely a cinquante ans !
Depuis l'autoroute A8, à l'approche d'Aix-en-Provence, vous apercevez le monumental « V » noir et blanc de Vasarely, conçu par l'artiste comme une véritable « sculpture-signal », visible depuis la voie rapide… plus d’excuses, à l’occasion du cinquantenaire de la Fondation cette année, une visite s’impose ! Intitulée « Projet pour une révolution : Vasarely et l’architecture », cette exposition anniversaire explore le tropisme architectural de cet artiste idéaliste et humaniste qu’était Victor Vasarely. Le parcours prend comme point de départ l’ambition visionnaire de cet héritier du Bauhaus et du groupe Espace : sortir l’art des musées pour l’intégrer au cœur des cités, tout en explorant les multiples facettes de son travail. Du projet de la « Cité polychrome du bonheur » aux intégrations monumentales dans la cité universitaire de Caracas, l’exposition interroge l’ontologie de l’œuvre d’art à l’ère de la société de l’information et les modalités de sa diffusion sociale. Enrichie de prêts exceptionnels du Centre Pompidou, du Frac Centre-Val de Loire et du Musée national Fernand Léger, elle déploie un regard complet sur cette révolution architecturale du XXe siècle.
Projet pour une révolution : Vasarely et l’architecture, à la Fondation Vasarely, Aix-en-Provence, à voir du 12 juin au 1er novembre.
Pierre Paulin : façonner la modernité au Musée Fabre
Le Musée Fabre consacre sa première grande exposition de design à Pierre Paulin, figure majeure du XXe siècle. Ce dernier incarne aussi bien l’émancipation de la jeune création d’après-guerre que l’entrée du design au sommet de l’État. En partenariat avec le Fonds Pierre Paulin et les Manufactures nationales (Sèvres & Mobilier national), cette rétrospective met en lumière la richesse de son parcours, ses influences et ses créations les plus emblématiques. Deux œuvres sont notamment présentées en exclusivité : le Fumoir de l’Élysée, restauré pour l’occasion, et le Vidéo Barnum, une pièce immersive et sensorielle.
Le design selon Pierre Paulin (1927-2009), au Musée Fabre, Montpellier, à voir du 27 juin au 1er novembre.
Dialogues Outre-Atlantique à la Friche de l’Escalette
Conçus à partir de troncs d’arbres mis au rebut, les meubles de Jose Zanine Caldas incarnent à la fois sa lutte contre la déforestation de l’Amazonie et sa volonté de mettre en lumière les savoir-faire locaux et traditionnels. Pionnier de l’écologie, ce designer et bâtisseur autodidacte collabore avec des sculpteurs de pirogues de sa région natale de Bahia. Sous leurs machettes, le bois se transforme en meubles aux formes organiques et à l’esthétique volontairement primitive. Les créations d’autres grands designers brésiliens sont également mises à l’honneur, parmi lesquels Jorge Zalszupin, Francesco Scapinelli ou encore Sergio Rodrigues. Elles entrent en résonance avec des éléments d’architecture et du mobilier conçus par Charlotte Perriand, Jean Prouvé, Le Corbusier et Pierre Jeanneret, dont les voyages et les projets menés au Brésil ont nourri la réflexion sur les formes, les matériaux et les façons d’habiter.
Brasil / France : Design 1950-1970, Friche de l’Escalette, à Marseille, à voir jusqu'au 30 septembre.
Design Parade : 20 ans de festival à la villa Noailles
C’est une année anniversaire pour la Design Parade qui fête ses vingt ans de festival dédié au design d’objet et ses dix ans de festival consacré à l’architecture d’intérieur. Créé en 2006 sous l’égide de sa marraine, Andrée Putman, il a pour ambition de promouvoir la création contemporaine dans le domaine du design d’objet. Dix ans plus tard, un second volet consacré à l’architecture d’intérieur, ayant pour parrains Ronan et Erwan Bouroullec, est lancé. Cette année, trois créatrices influentes, Sofia Lagerkvist et Anna Lindgren, du studio Front, pour le design d’objet, et Laura Gonzalez pour l’architecture d’intérieur, assurent la présidence des jurys. Ces derniers récompensent, à travers deux concours, les travaux de dix jeunes designers et de dix jeunes architectes d’intérieur. En partenariat avec l’Ecole Camondo, l’exposition « 20+10 : Génération(s) Design Parade », dont le commissariat est assuré par David Giroire, propose quant à elle un regard singulier sur les créatrices et créateurs qui ont contribué à l’histoire du festival.
Festival Design Parade, à la Villa Noailles, Hyères et Toulon, du 25 au 28 juin. Expositions du 26 juin au 30 août.
Dragon Hill : une maison paysage sur les hauteurs de Mouans-Sartoux
Nichée sur les hauteurs de Cannes, Dragon Hill est une « maison paysage » conçue par l’architecte Jacques Couëlle. La propriété accueille aujourd’hui une entité culturelle hybride, guidée par l’esprit libre et visionnaire de ce créateur autodidacte génial. Un programme de résidences mensuelles offre à des artistes et écrivains d’horizons variés un sanctuaire créatif orienté vers la recherche et l’expérimentation. Un jardin méditerranéen animé par un parc de sculptures réunit des œuvres d’Antony Gormley, Tony Cragg, Claudia Comte, Thomas Houseago ou encore Alicja Kwade. Les œuvres s’épanouissent au cœur du domaine comme des plantes qui y auraient poussé naturellement, inscrivant durablement Dragon Hill dans le paysage international de l’art contemporain.
En témoigne l’exposition actuelle, « Habiter la maison paysage », de la sculptrice Olivia Cognet. À la croisée de l’art, du design et de l’architecture, l’artiste développe un langage sculptural où chaque œuvre dialogue avec l’espace et invite le corps à l’habiter. Son approche résonne tout particulièrement avec l’univers de Jacques Couëlle, dont elle partage le désir de brouiller les frontières entre sculpture et habitation. Conçues spécialement pour Dragon Hill, les œuvres d’Olivia Cognet prolongent les cavités, les courbes et les volumes irréguliers de la maison,certaines semblant s’y fondre comme des extensions naturelles. Pour l’exposition, l’artiste a notamment imaginé un canapé sculptural tapissé réalisé en collaboration avec Atelier Dégut à Lyon, ainsi qu’un ensemble de mobilier extérieur en pierre dont les formes monolithiques paraissent émerger du paysage.
Habiter la maison paysage, Olivia Cognet, à Dragon Hill, Mouans-Sartoux, jusqu’au 30 novembre 2026.
Déambulation architecturale à Château La Coste
À Château La Coste, proche de Aix-en-Provence, chaque bâtiment signé d’un grand architecte est une destination en soi, transformant la visite en une véritable promenade architecturale en dialogue permanent avec l’art et un paysage de vignes. Sur ce vaste domaine viticole, plus d’une quarantaine d’œuvres d’art contemporain se découvrent au fil d’un parcours ponctué de pavillons, galeries et bâtiments conçus par quelques-uns des plus grands architectes contemporains. Niché dans un creux du terrain, le pavillon Renzo Piano associe verre et béton dans une architecture discrète qui semble émerger du paysage. Il offre un écrin lumineux aux expositions temporaires et accueille cet été une exposition de Sheree Hovsepian dont les nouvelles sculptures répondent à la luminosité naturelle du bâtiment. Plus loin, le pavillon Oscar Niemeyer déploie ses courbes caractéristiques et abrite à la fois un espace d’exposition et un auditorium. Dans ce dernier, une exposition de Rashid Johnson présente des peintures, un film ainsi que de nouvelles sculptures réalisées pour l’occasion. La galerie Richard Rogers affirme, pour sa part, une esthétique résolument contemporaine avec sa structure suspendue au-dessus des vignes. Même les chais participent de cette vision globale. Dessinés par Jean Nouvel, ils témoignent de la volonté de faire dialoguer architecture, production viticole et création artistique.
Château La Coste, Le-Puy-Sainte-Réparade, ouvert tous les jours.