La 13ème édition de Paréidolie a fermé ses portes à Marseille dimanche 30 août. Rendez-vous désormais installé dans le calendrier, le salon dédié au dessin contemporain annonce la rentrée de l’art sur un mode estival décontracté. « C’est l’un des rares moments où l’on voit nos clients en bermudas », s’amusait un marchand, saluant la convivialité méridionale d’une manifestation à l’esprit familial. « On retrouve ici les passionnés du dessin contemporain, c’est une véritable communauté », soulignait Carine Tissot, directrice de la foire parisienne Drawing Now, croisée dans les allées.
Avec seulement 17 galeries pour cette nouvelle édition, Paréidolie a su faire de son format intimiste un atout, tout en s’inscrivant dans le cadre plus large et institutionnel d’une saison du dessin qu’il a initiée et qui s’étend dans une trentaine de lieux à Marseille et dans ses environs. Le succès de ce salon de poche tient par ailleurs à un équilibre savamment dosé de déjà-vu et d’inédit. Sa sélection, qui comporte invariablement une large proportion de galeries récurrentes, assure un climat de retrouvailles rassurant pour les habitués. Afin de surprendre ce public assidu, les enseignes fidèles se font cependant fort de venir avec un projet original. Parmi elles, la galerie Laurent Godin – désormais installée à Arles – offrait ainsi de découvrir les superpositions à partir de pages de magazine du sculpteur Jacques Bruel (1948-2010) évoquant des vitraux sur papier glacé. Autre pilier de Paréidolie, Bernard Jordan avait pour sa part imaginé un stand reliant les travaux de deux artistes émergents : les énigmes lettristes dessinées sur bois de Pierre-Guilhem et les compositions graphiques élaborées de Louise Aleksiejew –collectionneuse invétérée, Carine Tissot avouait avoir craqué pour l’une d’elles. La galerie Papillon, de retour cette année, mettait en regard deux tandems. Face aux images subliminales, recouvertes de noir de fumée, de VOID, les formes fluides énigmatiques des Marseillais Berdaguer & Péjus ont enthousiasmé les fondatrices de la revue The Drawer qui ont décerné leur prix éponyme au duo « pour la poésie et la justesse de leurs haïkus martiens et leur capacité à renouveler les formes et le langage du dessin ».
Avec des tarifs très doux démarrant à 500 euros —comme par exemple, les paysages miniatures encadrés au plomb de Frédérique Lucien accrochés chez Backslash — l’achat d’impulsion reste possible. Tandis que les connaisseurs avertis peuvent s’emballer pour des pièces plus importantes. Ainsi de Marseillle (75 000 euros), un panorama en 25 gouaches de Radenko Milak, artiste établi auquel la galerie Catherine Koenig, nouvelle venue sur Paréidolie, consacrait un solo qui lui a valu l’attention des collectionneurs et des institutions. Ou bien les compositions colorées à l’exubérance musicale d’Agnès Bourély (jusqu’à 18 000 euros) qui captaient le regard sur le stand de la toute jeune enseigne MABE, installée à Genève, dont c’était la première foire. Ou encore cet ensemble merveilleusement facétieux de gribouillis à la craie signés Jacqueline Mesmaeker D’Après, … une reproduction pour carte postale du roi Kagpha de Picasso (15 000 euros).
→ Paréidolie - Salon International du Dessin Contemporain, 13ème édition, du 28 au 30 août 2026 au Château de Servières, Marseille.
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