Longer la Côte occitane

Parcours Plein Sud - Côte occitane

Musée d’art moderne de Céret, MRAC ou musée-bibliothèque Pierre André Benoit (PAB)... ce parcours révèle une grande richesse de collections, dont celle de l’incontournable Carré d’art Nîmes, une destination en soi. On y découvrira également des lieux aussi éclectiques qu'une ancienne friche industrielle réhabilitée (le Centre régional d’art contemporain Occitanie à Sète), un ancien chai (le Musée des Arts Modestes de Sète), ou encore le MO.CO., véritable écosystème artistique au cœur de Montpellier, sans oublier de faire un détour dans une petite rue du centre-ville pour flairer la jeune scène contemporaine chez Mécènes du Sud.

1/12 MO.CO. - Montpellier

L'esprit de l'atelier

Lieu : MO.CO. Panacée

En écho à l’exposition que le MO.CO. consacre à l’histoire de l'École Supérieure des Beaux-Arts de Montpellier (MO.CO. Esba), le MO.CO. Panacée propose une réflexion autour d’un « cas d’école » : l’atelier de Djamel Tatah aux Beaux-Arts de Paris. Professeur pendant quinze années au sein de cette institution, Djamel Tatah a formé une génération d’artistes dont la diversité des pratiques, la singularité des trajectoires et la rapide émergence sur la scène nationale intriguent.

L’exposition réunit plus de 120 œuvres, récentes ou spécialement conçues pour l’occasion. À travers la peinture – oscillant entre figuration et abstraction – mais aussi le dessin, la sculpture, le tissage ou l’installation, les 16 artistes ouvrent des mondes intérieurs, réels ou fictionnels, à la frontière du présent et de l’imaginaire collectif. Leurs représentations, d’une grande diversité formelle, s’inspirent aussi bien des maîtres anciens que des pratiques vernaculaires, des miniatures persanes, des héritages diasporiques, de la musique contemporaine, de la culture pop et post-internet. Jouant souvent du fragment, ils explorent les interstices, les marges et leurs possibles.

2/12 Carré d’Art - Nîmes

Vivian Suter, Disco

Vivian Suter travaille quotidiennement, en plein air, dans son jardin de Panajachel au Guatemala, où elle vit depuis les années 1980. Elle laisse ses toiles au dehors et intègre dans sa peinture les facteurs externes tels que l’humidité, la lumière, la flore et la faune constituant ainsi une documentation de son environnement de vie. Sur certaines d’entre elles, des brindilles ou feuilles sont venues s’y coller, on devine des traces de pattes de chiens ou de la pluie qui a délavé la peinture.

Comme pour chaque occurrence de l’exposition Disco, précédemment dévoilée au MAAT à Lisbonne et au Palais de Tokyo à Paris, les toiles réalisées ces dernières années sont réagencées de manière libre et spontanée en fonction de l’architecture des lieux. Elles s’accumulent et se superposent sur toute la hauteur des murs, flottent dans le vide, sont suspendues à des structures ou s’amoncellent à même le sol. Près de 400 œuvres viennent dialoguer à Nîmes avec l’architecture de Norman Foster pour proposer une nouvelle immersion au regardeur dans une saturation de l’espace.

L’exposition Disco de Vivian Suter a été organisée par le MAAT, Lisbonne et le Palais de Tokyo, Paris. Elle bénéficie du soutien à la production artistique et du partenariat de ArtWorks.

3/12 Crac Occitanie - Sète

La solidarité des destins, Louisa Marajo

Louisa Marajo (1987, Martinique) réalise des installations, sculptures et montages photographiques qui interrogent les tensions écologiques, historiques et sociales traversant son île natale. Dans ce territoire postcolonial marqué par les ouragans, la pollution des sols et la prolifération des sargasses sur les littoraux caribéens, la mer apparaît comme un espace de métamorphose et un réservoir de mémoires. Depuis 2018, l’artiste explore ces algues invasives comme une matière narrative, réfléchissant à la manière de représenter l’océan à l’heure du dérèglement climatique.

La solidarité des destins, restitution d’une résidence consacrée à la pêche professionnelle en Méditerranée menée au Grau-du-Roi en 2025, donne à voir un court-métrage, des textes, des images et des sculptures présentés dans une scénographie conçue pour le Crac Occitanie à Sète.

4/12 MO.CO. - Montpellier

L'École des beaux-arts de Montpellier : une histoire singulière

Lieu : MO.CO.

Depuis 2021, SOL ! La biennale du territoire met en lumière la vitalité de la création contemporaine en Occitanie. Pour cette troisième édition, le MO.CO. et le musée Fabre nouent un partenariat exceptionnel pour rendre hommage à un acteur majeur de la vie artistique montpelliéraine : l'École des beaux-arts.

L'exposition explore une histoire riche, longue et parfois méconnue, où se mêlent héritage académique, expérimentations radicales et ouverture vers l’international, réunissant des œuvres d’anciens élèves, des origines jusqu’à 2019. Elle fédère également un réseau régional élargi : des prêts importants proviennent du MRAC Occitanie à Sérignan, du Carré d’Art – Musée d’art contemporain de Nîmes et du FRAC Occitanie Montpellier. Des partenariats artistiques sont également noués avec le FRAC Occitanie Montpellier, le Musée Paul Valéry à Sète et les galeries associatives de la ville.

5/12 Crac Occitanie - Sète

Plastic Newspaper, Lucy McKenzie

Pour sa première exposition personnelle en France, l’artiste écossaise Lucy McKenzie (née en 1977) revient sur les grands thèmes qui ont marqué son travail depuis cinq ans : la statuaire, la mode et l’art des vitrines, la critique féministe du pouvoir et des élites, l’artisanat, les loisirs et les médias de masse.

L’exposition présente un vaste ensemble de peintures, sculptures, affiches, trompe-l’œil, décors et vêtements. Elle explore les inventions formelles et culturelles qui ont contribué à transformer le quotidien en un spectacle permanent – à l’image des panoramas peints, lieux d’art, de science et d’amusement où se confondent expérience ludique et massification des regards.

6/12 Mrac Occitanie - Sérignan

Sylvie Fleury. Thunderb

À travers une esthétique pop et des matériaux - voire des objets - empruntés au monde du luxe, de la mode, des cosmétiques ou encore de l’automobile, Sylvie Fleury expose les paradoxes de notre culture obsédée par les apparences et l’image. Elle utilise le langage de la publicité et du marketing non pas pour vendre un produit mais pour analyser la machine qui fabrique le désir de consommation. L’artiste présente des installations emblématiques telles que les Shopping bags - œuvre ready-made issue d’une journée d’achats - des sculptures et peintures détournant avec humour les œuvres minimales des artistes modernes américains, des pièces en néons aux slogans publicitaires, des vidéos mettant en scène des femmes et des voitures de collection, des peintures inspirées par des palettes de maquillage de marques célèbres et une peinture murale in situ, clin d’œil à l’artiste Daniel Buren.

7/12 Mrac Occitanie - Sérignan

Anna Meschiari. Les dormeur.euse.x.s

Anna Meschiari, septième lauréate du Prix Occitanie Médicis 2024, propose une exposition inédite pour le Mrac à Sérignan.

Le temps de la résidence de trois mois à la Villa Médicis à Rome, lui a permis d’explorer de multiples sources d’influences comme l’art étrusque, les projets de l’architecte Marta Lonzi (membre dans les années 70 du mouvement « Rivolta Femminile ») ou encore de s’approcher de la figure de Plautilla Bricci (première femme architecte et peintre baroque reconnue de l’histoire). Ces prospections ont été complétées par des recherches issues d’ouvrages ou d’archives provenant de bibliothèques ou de musées italiens et français.

Forte de ce répertoire de formes, d’idées et d’intentions, Anna Meschiari livre une installation immersive mêlant pour la première fois vidéos, peintures sur toiles libres, sculptures et architecture au sein d’un même espace.

8/12 Musée d’art moderne de Céret - Céret

Picabia Méditerranée - Picasso, Delaunay, Laurencin...

Figure majeure des cercles artistiques internationaux, Francis Picabia (1879–1953) occupe une place essentielle dans l’histoire des avant-gardes du début du XXe siècle. Dans les années 1910 et 1920, nourri par ses voyages entre New York et Barcelone, l’artiste élabore un langage plastique aussi audacieux qu’irrévérencieux. L’exposition présentée au musée d’art moderne de Céret propose de retracer son parcours sous un angle inédit, en mettant notamment en lumière l’influence de la culture ibérique sur son œuvre et sur celle de ses contemporains.

Réunissant près d’une centaine d’œuvres de Picabia et de son cercle artistique new-yorkais et catalan — de Marcel et Suzanne Duchamp à Albert Gleizes et Juliette Roche, de Robert et Sonia Delaunay à Kees van Dongen, Marie Laurencin, Natalia Gontcharova ou Pablo Picasso — l’exposition bénéficie du soutien de prestigieuses institutions françaises et espagnoles. Elle s’appuie sur des prêts exceptionnels du musée de l’Orangerie, du Centre Pompidou, du Palais Princier de Monaco, du Museo Reina Sofía, du Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, ainsi que des musées Picasso de Paris et de Barcelone.

9/12 Musée d’art moderne de Céret - Céret

Mimosa - Hippolyte Hentgen

Consacrée au duo Hippolyte Hentgen, l’exposition réunit près d’une centaine d’œuvres – peintures, installations, dessins, collages, sculptures et vidéos – offrant un large aperçu de dix-huit années de création. Le parcours s’ouvre sur plusieurs peintures murales conçues in situ, déployées sur les murs du musée en dialogue avec un ensemble de dessins. Présentées sous forme de séries, les œuvres composent un univers foisonnant où les images circulent librement d’un médium à l’autre. Intitulée Mimosa, l’exposition rend hommage à la nature de Céret et à la couleur éclatante de l’arbre en hiver. Plusieurs pièces ont été spécialement produites pour l’occasion.

Basé à Paris, Hippolyte Hentgen est le duo formé par Gaëlle Hippolyte (née en 1977 à Perpignan) et Lina Hentgen (née en 1980 à Clermont-Ferrand). À travers le dessin, le collage, la sculpture et la peinture, les deux artistes expérimentent différentes manières de produire des images, sans hiérarchie entre les médiums. Leur travail entremêle références à l’histoire de l’art, bande dessinée, presse, animation et iconographie populaire, donnant naissance à un répertoire visuel composite, protéiforme et singulier. Présentée dans de nombreuses institutions, leur œuvre figure notamment dans les collections du CNAP, du MAC VAL et de plusieurs FRAC.

10/12 Carré d’Art - Nîmes

Felipe Romero Beltrán, Bravo

Les projets artistiques de Felipe Romero Beltrán se fondent largement sur l’exploration des questions sociales, jouant de la tension que de nouveaux récits peuvent introduire dans le domaine de la photographie documentaire. La démarche de Romero Beltrán se caractérise par son engagement dans des projets au long cours nécessitant un travail de recherche minutieux.

Le projet Bravo qui se situe dans l’espace liminal du Rio Bravo (l’autre nom du Rio Grande), un site de tension perpétuelle et de migration où l’identité et la géographie se croisent. En se concentrant sur un tronçon de 270 kilomètres du fleuve, Bravo de Romero Beltrán construit un récit visuel insaisissable où le fleuve lui-même devient un protagoniste silencieux, façonnant la vie de ceux qui s’en approchent, mais qui apparaissent rarement dans le cadre. À travers des portraits dépouillés, des intérieurs austères et des paysages marqués, Bravo capture le temps suspendu de la migration, alors que ses sujets attendent, parfois pendant des années, dans l’ombre d’une traversée incertaine.

Exposition organisée par Fundación MAPFRE en collaboration avec Carré d’Art - Musée d’art contemporain de Nîmes.

11/12 CACN – Centre d’Art Contemporain de Nîmes - Nîmes

La Gauchère

La Gauchère est un projet de recherche et de création au long cours mené par la graphiste Marion Cachon, qui interroge un angle mort du design : la place accordée aux personnes gauchères dans l’organisation du quotidien. De l’écriture aux outils les plus courants, les usages sont majoritairement pensés par et pour des mains droites, reléguant la gaucherie au rang d’anomalie. En s’emparant de ce déséquilibre, le projet révèle le potentiel critique et créatif de la maladresse, de l’erreur et du détour.

L’exposition présente notamment une calligraphie gauchère développée par l’artiste, des affiches réalisées pour le CACN, ainsi que des essais, variantes et formes inabouties, montrés comme partie intégrante du processus. Elle explore également les représentations culturelles et symboliques de la main gauche, historiquement associée à la faute ou à l’irrégularité. Le projet s’accompagne d’un livre coédité avec l’Artothèque de Caen et circulera ensuite au centre d’art La Fenêtre à Montpellier dans le cadre du festival GraphiMs.

12/12 Mrac Occitanie - Sérignan

Armelle Caron. Le ressac des cahiers jaunes

Armelle Caron développe une œuvre qui interroge les lieux dans ce qu’ils ont de mémoriels, de géographiques ou de structurels en utilisant les ressorts de la poésie et de la couleur.

Au cabinet d’arts graphiques du Mrac, elle nous transporte dans ce qui pourrait être un déploiement de son atelier. Une hétérotopie qui convoque plusieurs lieux reliés par les vides qui les constituent. Regroupant des dessins, des esquisses, des objets, des maquettes ou encore plusieurs interventions murales in situ, Armelle Caron propose un imbroglio silencieux qui évoque di érents lieux. L’exposition devient alors un seul espace, qui à l’instar des rêves, superpose les mondes fragmentés pour en révéler un récit unifié.