1/4 Musée du Niel - Hyères/Porquerolles
L'abstraction est une couleur →
Les rapports entre la couleur et l'abstraction, qui ont pu exister dans la seconde moitié du XXe siècle, sont marqués par une lutte, un combat. La couleur peine à s'imposer dans l'expression abstraite d'après-guerre dans un contexte esthétique qui accepte mal le recours aux éclats de la couleur. Les codes chromatiques dominants sont souvent sombres, échappent rarement au noir, au blanc et au gris.
Certains parviennent à imposer leur vision colorée malgré tout comme Dewasne, grâce à une expression géométrique, ou à travers la puissance lyrique comme Mathieu, Schneider, Poliakoff, Hartung, et aujourd'hui Fabienne Verdier, ou encore par la couleur elle-même en tant qu’élément central de l’œuvre comme chez Hantaï. De l'autre côté de l'Atlantique, des artistes revendiquent fortement l'héritage matissien et font de la couleur le composant essentiel de leur travail abstrait tout en réinventant la peinture. C'est le cas de Shirley Jaffe et de Sam Francis, ou encore de Kimber Smith et James Bishop.
De ces combats émergent une sensation, un sentiment, voire un langage, éclatants ou sombres, que l'on peut qualifier de "couleur abstraction".
2/4 Domaine du Rayol - Rayol-Canadel-sur-Mer
Offrande d’Azur, Ambre Cardinal →
Offrande d’Azur est une installation aérienne et lumineuse où le temps, la gravité et la matière vivante dialoguent dans une danse silencieuse entre mimosa et laiton. À travers un travail lent et méditatif, l’artiste façonne la nature comme un sujet à part entière, révélant la beauté du fragile et du transitoire.
Inspirée du concept japonais mono no aware (物の哀れ), à savoir la sensibilité à l’éphémère et à la transformation des choses, l’exposition invite à contempler la vie dans son impermanence. Chaque sculpture se déplace doucement dans l’air, évoquant la relativité du temps.
Ambre Cardinal propose ici une expérience poétique et sensorielle, où la lumière glisse sur le métal comme sur la peau d’un paysage. Offrande d’Azur devient alors un hommage à la résistance du vivant, une célébration de la métamorphose, une invitation à ralentir pour un lien plus attentif au monde qui nous entoure.
3/4 La Banque, musée des Cultures et du Paysage - Hyères/Porquerolles
Gustave Courbet, du chant de la Nature aux voix de la Révolte →
L’exposition retrace le parcours d’un peintre libre qui traverse un XIXe siècle en pleine mutation. Des paysages fondateurs aux sources et rivières, du monde animal aux marines, des portraits aux caricatures mordantes, l'exposition dévoile toute l'ampleur de l'univers courbétien. Elle révèle un artiste qui donne dignité et monumentalité aux travailleurs, paysans et artisans. Engagé sous la Commune de Paris, l’affaire de la colonne Vendôme et l’exil en Suisse révèlent sa dimension politique. Par son regard frontal et moderne sur le réel, Courbet renverse les codes académiques et ouvre la voie à la modernité artistique.
En partenariat avec l'Institut Gustave Courbet, Ornans.
4/4 Villa Théo - Le Lavandou
Photographes voyageuses →
Qu’il s’agisse d’un Lavandou révolu immortalisé par la Britannique Shirley Baker dans les années 1970-80, des longs voyages à travers l’Asie centrale de MariBlanche Hannequin, des échappées chiliennes, indiennes ou africaines de Françoise Nuñez, des scènes de rue cubaines d’Agnès Varda et des portraits intemporels de Sabine Weiss aux quatre coins du monde, chacune de ces photographes offre une écriture visuelle qui conjugue mouvement et contemplation dans une approche humaniste.
À travers leurs œuvres, il ne s’agit pas seulement de montrer le monde, mais d’en révéler sa subtilité : l’humour discret, la tendresse, la mélancolie, la joie et l’élan vital. Ces voyages photographiques deviennent des passerelles entre des territoires lointains et notre propre imaginaire, entre des histoires intimes et la mémoire collective.