Notre sélection d’expositions autour de Arles, Nîmes et Avignon

Vous allez aux Rencontres d’Arles cet été ? Au festival d’Avignon ? Profitez-en pour découvrir des dizaines d’autres lieux d’art incontournables dans les villes alentours, facilement accessibles en TER dans la journée. La Collection Lambert, Carré d’art Nîmes, les Hôtels d’Agar Cavaillon, les fondations de l’Isle-sur-la-Sorgue… suivez le guide.

CACN – Centre d’Art Contemporain de Nîmes - Nîmes
The hour of wolf and sheep, Melika Sadeghzadeh

L’exposition présente des œuvres récentes de Melika Sadeghzadeh, dont une partie évoque une maison qui se transforme sans cesse et qu’il est impossible de retrouver. On aperçoit plusieurs tentatives de reconstruction, d’activation des souvenirs, pour rendre compte de ce qu’on ne peut plus voir. À l’inverse, certaines œuvres résistent au regard : opaques, elles contiennent les traumatismes collectifs avec lesquels on s’est habitués à vivre. Le regard se trouble, incapable de se souvenir précisément ou d’aller de l’avant, entre chien et loup.

Carré d’Art - Nîmes
Dissonances à géométries variables, Tursic & Mille

Ida Tursic & Wilfried Mille explorent les possibilités infinies de leur médium de prédilection, la peinture. Entre abstraction et figuration, le duo s'empare de tous les registres iconographiques : paysage, portrait ou nature morte. Les sujets sont tout autant puisés dans la grande histoire de l’art que dans le cinéma, internet ou les magazines, multipliant les pistes et les lectures possibles.

Campredon art & image - L’Isle-sur-la-Sorgue
PRÉSENCE

Par une PRÉSENCE sensible et imagée au cœur des œuvres présentées, comme un hommage aux espaces (faussement) vides, les 26 artistes exposés réhabilitent ici une esthétique, comblent peut-être un manque, ou font renaître le souvenir évanescent des lieux de mémoire.

Sollicitant une réflexion sur notre relation aux autres et à soi, en ouvrant de nouvelles fenêtres et en nous tendant un miroir, cette exposition révèle l'imperceptible et convie à la découverte de réalités cachées.

Le Grenier à sel - Avignon
Human study, Patrick Tresset

Vingt élèves et leur maître, tous représentés par des robots autonomes : une installation performative permettant d’interroger la standardisation des comportements, entre conformité et révolte.

Patrick Tresset est un artiste et scientifique français vivant à Londres. Il étudie l’activité artistique et les relations que nous entretenons avec les machines notamment avec les robots.

Domaine de Panéry - Ceysson & Bénétière - Pouzilhac
Suite Panéry, Jérémy Liron

Peintre et théoricien du regard, Jérémy Liron rassemble ici une suite consacrée au Domaine, où fragments d’arbres, architecture et ciels intenses composent des variations presque semblables, « ni tout à fait les mêmes ni tout à fait autres », explorant la répétition comme principe de construction du visible.

Fondation Villa Datris - L’Isle-sur-la-Sorgue
Méditerranée, odyssées contemporaines

Mer de passages et de transmissions, la Méditerranée porte une mémoire de voyages, de cultures mêlées, mais aussi d’exils et de ruptures. Depuis des siècles, des femmes et des hommes y cherchent refuge et avenir, au prix de traversées souvent marquées par la perte.

En 2026, la Fondation Villa Datris réunit 74 artistes issus de 20 pays pour explorer la Méditerranée comme un territoire sensible et partagé. Leurs œuvres croisent récits migratoires, racines communes et traditions, tout en abordant des enjeux actuels : changement climatique, frontières, politiques migratoires et violences. Entre engagement et poésie, l’exposition célèbre l’hospitalité, la solidarité et la reconnaissance de l’autre. Un parcours puissant, porté par l’espoir d’une Méditerranée ouverte et profondément humaine.

Hôtels d’Agar - Cavaillon
Caravage, Finson et l'atelier du Midi caravagesque

L’exposition met en lumière la redécouverte de la Madeleine du Caravage et le rôle de Louis Finson dans la diffusion de son œuvre en Europe méridionale. Elle évoque la formation d’un « atelier du Midi caravagesque » et ses prolongements contemporains, à travers des œuvres d’Ernest Pignon-Ernest et de Fabrice Hyber.

Fondation Vincent van Gogh - Arles
S U S P E C T S – Van Gogh, Tricksters & Co.

« Cela me tente tant – non pas la boisson mais la peinture de voyou », écrit Vincent van Gogh à Arles en 1888.

Dans cet esprit, l’exposition s’inspire de la figure du trickster, ces fripons rusés, espiègles ou savants moqueurs qui, dans les mythes de toutes les civilisations, bousculent les règles, délivrent la communauté de conventions étouffantes et relativisent les certitudes. De la bohème du XIXe siècle au mouvement Dada s’affirme dans l’art moderne une tradition contestataire.

Certains artistes empruntent les chemins de traverse : ceux des marginaux, des fripons ou des hors-la-loi. Par l’ironie, la provocation ou l’absurde, ils réaniment le jeu du chaos et permettent à l’art de remplir l’une de ses fonctions majeures : mettre en turbulence les convictions et faire exploser les conventions. Leur attitude et leur audace sont au cœur de l’exposition, qui réunit les œuvres d’une trentaine d’artistes, de Pablo Picasso à Cindy Sherman, Martin Kippenberger, Maurizio Cattelan ou Nina Childress – autant de figures indociles et irrévérencieuses. Des suspects.

Lee Ufan Arles - Arles
Park Chan-wook

Park Chan-wook photographe, c’est la version contemplative de cet homme hyperactif, cinéaste coréen aux 17 films, qui met à profit ses moments de calme et de liberté pour photographier, sans objectif déterminé, ce qui attire son œil surentraîné ou ce qui le charme, le surprend ou l’amuse. Un motif naturel qui ressemble à un corps ; un chat qui rappelle que l’être humain n’est qu’une espèce parmi les autres…

À la différence de son cinéma, ses photographies sont ancrées dans le temps long, silencieux et suspendu. Elles sont l’arrêt sur image qui donne matière à ses réflexions, la fenêtre de liberté qui permet de lâcher, un tant soit peu, le contrôle.

Rencontres de la photographie - Arles
Les rencontres de la photographie

Du 6 au 12 juillet : Dans toute la ville, jour et nuit, photographes et commissaires du programme rencontrent le public lors de soirées de projections, de visites d’expositions, de débats, de dédicaces de livres et de lectures de portfolios.

Du 6 juillet au 4 octobre : 45 expositions de photographie investissent 26 lieux emblématiques d’Arles et de son agglomération – des chapelles médiévales aux bâtiments industriels, dont certains ouverts pour l’occasion –, faisant l’objet d’une scénographie unique. Visites guidées des expositions, ateliers jeune public, stages de photographie…

Voir le plan des expositions

LUMA Arles - Arles
CORRESPONDENCES, Soundwalk Collective, Patti Smith

Collaboration évolutive entre Stephan Crasneanscki de Soundwalk Collective et Patti Smith, née d'un dialogue créatif qui s'étend sur plus d'une décennie. Présenté sous la forme d'une installation immersive, le projet croise enregistrements de terrain, images en mouvement et poésie afin d’évoquer des paysages façonnés par la création artistique, les luttes politiques et la fragilité écologique.

Collection Lambert - Avignon
Images, corps, pouvoir. Les années 80 dans la Collection Lambert

La Collection Lambert ouvre désormais ses collections permanentes sans interruption. Le premier mouvement de cet accrochage vivant tout au long de l’année sera consacré aux années 1980. Cette période charnière, marquée par de profonds bouleversements esthétiques, politiques et sociaux, y apparaît comme un moment de réaffirmation de la puissance de l’image, marqué par un retour à la figure humaine. La place du corps y est centrale et s’inscrit dans une dimension profondément politique

Collection Thalie - Arles
Tisser les Imaginaires

Ce nouvel accrochage d’œuvres dédiées au textile entre en résonnance avec la pratique de Leo Orta, designer invité en résidence et les objets d’ALEOR, studio de création dédié au design biosourcé.

Alors que les œuvres de la Collection donnent forme à des imaginaires portés par des artistes, ALEOR confronte ces récits au réel. Le studio déploie des méthodes d’investigation ancrées dans le territoire — glaner, collecter, observer, expérimenter — pour faire émerger des récits situés. En immersion sur le territoire camarguais, le travail de Leo Orta agit ici comme un véritable catalyseur. Il interroge l’avenir de certaines filières locales, notamment la vannerie, à partir desquelles le designer imagine une collection d’artefacts à la fois ancrés dans la tradition et ouverts à des perspectives spéculatives. À travers ces démarches, art et design deviennent des outils d’archivage critique, de transmission et de réactivation des savoirs.

Majd Abdel Hamid, Caroline Achaintre, Amina Agueznay, Cathryn Boch, Ange Dakouo, Edith Dekyndt, Pauline Guerrier, Sheila Hicks, Ilanit Illouz, Eva Jospin, Asemahle Ntlonti, Junko Oki, Lucy + Jorge Orta, Elisa Peroi, Simone Pheulpin, Kustaa Saksi, Sidival Fila, Kiki Smith, Georges Tony Stoll, Françoise Vanneraud et Rosana Escobar, Diana Scherer, Max Funkat (ALEOR). Designer invité : LEO ORTA

Vernissage le 6 juillet, de 19h à 21h (sur invitation)

Fonds Bustamante - Arles
En Miroirs

Pensée par Jean-Marc Bustamante pour l’ouverture du Fonds Bustamante à Arles, En Miroirs inaugure le programme d’expositions à travers une présentation conçue comme un espace de correspondances laissant apparaître les affinités et dialogues liant ces artistes, œuvres et pensées. Réunissant peinture, sculpture, photographie, dessin et installation, l’exposition rassemble des artistes choisis par Jean-Marc Bustamante parmi ceux qui ont nourri son parcours artistique, intellectuel ou sensible.

De Cristina Iglesias à Rémy Zaugg, de Jan Vercruysse à Thomas Schütte, de Reinhard Mucha à Rodney Graham, les œuvres explorent des thèmes tels que la mémoire, le langage, l’espace, l’architecture et le regard. Comme un générique de film, l’exposition fait apparaître une communauté de présences qui dessine une cartographie sensible de relations artistiques au delà des questions générationnelles et culturelles.

École nationale supérieure de la photographie - Arles
CTRL

Inscrite dans un projet de recherche curatoriale mené par un groupe d’étudiant·es de l’ENSP, sous la direction de l’artiste-enseignant-chercheur Nicolas Giraud, cette exposition propose de penser la photographie depuis son processus de fabrication et d’apparition. À rebours des usages qui placent le spectateur face à l’image, elle s’intéresse à son envers, aux dispositifs qui la portent et la transportent à travers, des approches plurielles.